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Grippe A : témoignage d'un médecin  
Proposé par Droopy le Vendredi 07 août 2009

Infos Grippe A : le président d´Union généraliste confirme la désorganisation du dépistage
Article paru le : Jeudi 6 Août 2009

Le Dr Jean-Paul Hamon, qui exerce dans les Hauts-de-Seine, témoigne de ses difficultés à appliquer la procédure d´alerte face à une suspicion de cas groupé de grippe A. voici son récit :


« L´histoire commence à 11h 15 ce jour. Une patiente qui n´a pas lu les recommandations placardées partout dans le cabinet de groupe où j´exerce, rentre dans mon cabinet. Elle me dit tousser depuis 2 jours, avoir mal à la tête, avoir eu 38°5 hier. Je lui demande si elle n´a pas croisé de Mexicain basané ou d´Anglo-Saxon. Elle me rassure du point de vue de ses fréquentations mais m´explique qu´elle travaille dans un open space de 200 personnes où 3 de ses collègues présentent les même symptômes. Nous sommes donc en présence d´un possible cas groupé et n´écoutant que mon courage de co-président de syndicat, je décide d´appliquer la procédure à cette malheureuse patiente qui ne demande qu´à aller se mettre sous la couette avec un peu de paracétamol.

Je demande à la secrétaire de s´équiper en masque ainsi que les patients de la salle d´attente et j´appelle la Dass 92. La Dass 92 me donne le numéro de la Dass 93 car l´open space se situe à Saint-Ouen. Je suis mis en rapport avec le médecin de permanence qui confirme qu´à 4, on est bien à plus de 3, qu´il s´agit d´un possible cas groupé et que nous devons adresser la patiente à un centre de prélèvement dédié grippe H1N1 répertorié dans chaque département. Pour Saint-Ouen, c´est Saint-Denis. Je réexplique que bien que travaillant à Saint-Ouen, elle est actuellement dans mon cabinet à Clamart où elle habite et après un long silence on me confirme que je dois alors m´adresser à la Dass du 92. Cela tombe bien, j´ai déjà le numéro et il n´est pas encore midi. Patiemment, j´explique à la Dass du 92 pourquoi je leur refile le bébé et là j´apprends que pour les prélèvements dédiés c´est le 15 qui régule les envois : ça tombe bien j´ai gardé le numéro. Comme je commence à mélanger les numéros qui s´accumulent sur ma feuille qui n´en compte pas moins de 11, je tombe par erreur sur le médecin du 93 qui est content de m´avoir car entre-temps il a appelé le chef de ma patiente, lequel n´est au courant d´aucun cas car il rentre de vacances, et donc cette absence de cas authentifiés change la procédure. « On doit attendre d´être certain d´avoir affaire à des cas groupés avant de lancer la procédure de prélèvement !!! »

Certains qui me trouvent un peu prompt à l´énervement seront surpris de l´extrême patience que je manifeste pour expliquer au médecin que j´ai l´habitude de croire ce que mes patients me disent, et que là ma patiente commence à trouver le temps long. Sans compter que pendant ce temps-là je vois les patients s´accumuler dans la salle d´attente et qu´à ce rythme-là, mon stock de masque va s´épuiser… Le médecin convient que c´est lui qui va faire l´enquête et elle commence tout de suite, car pendant que je rappelle le 15 du 92 en faisant cette fois le bon numéro, ma patiente est appelée par son chef qui lui demande les noms des collègues atteints...

J´ai donc le médecin régulateur du centre 15 du 92 qui m´explique qu´il y a 5 centres dédiés sur le département et que, manque de bol, c´est le plus éloigné qui est activé alors que j´en ai un sur la commune. J´apprends donc que c´est une ambulance qui va venir chercher ma patiente pour lui faire traverser le département, pour aller dans le fameux centre dédié au prélèvement. Elle sort de mon cabinet masquée. Je l´installe dans un cabinet de soins et je sens en sortant que bien que tout le monde se marre, la tension dans la salle d´attente a monté. Il est 12H20. J´ai passé une heure cinq à faire le tour de la procédure. L´ambulance arrive à 13h05. Les ambulanciers sont masqués, portent une blouse jetable mais ne sont pas bottés. Le prélèvement sera fait à l´autre bout du département du 92. Je rêve des médecins belges qui disposeraient d´un kit de prélèvement. Je pense à mes collègues qui n´iront pas avec raison au bout de la procédure, et je commence à comprendre pourquoi en France on a si peu de cas avérés et je pose la question : tout cela est il bien raisonnable ??

Le sketch continue deux heures plus tard car voulant connaitre la fin de l´histoire, j´avais demandé à la patiente de m´appeler. L´hôpital, qui l´a accueillie comme un chien dans un jeu de quille, lui a demandé d´appeler elle- même dans 48 H pour avoir les résultats, et surtout ne l´a pas raccompagnée à son domicile :"On ne va quand même pas faire payer la société pour une grippe!".
Et là, moi généraliste de base, je m´interroge : quelle est la différence entre une patiente suspecte qu´on vient chercher en ambulance par des gens en masque et blouse et celle qu´on laisse repartir en taxi à ses frais sans masque ni pour elle ni pour le taxi ??

En tous cas une chose est sûre : je l´ai fait une fois je ne le ferai pas deux, et c´est ainsi que les statistiques H1N1 en France risquent de ne pas dépasser celles du Royaume-Uni… »

Grippe A : témoignage d'un médecin

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  1. mistral a écrit le 16.08.2009 09:31

    On prendrait pas les gens un peu pour des beubeux  des fois.


    IL ME SEMBLE QU'IL Y A BEAUCOUP DE MOYENS, DE PLUS DISPERSES ET MAL COORDONNES POUR QUE L'ON¨PUISSE PRENDRE CETTE AFFAIRE TRES AU SERIEUX,


    ET PENDANT CE TEMPS, LES HÔPITAUX PLEURENT MISERE POUR OBTENIR DU MATERIEL, DU PERSONNEL ET DES FONDS POUR UNE MEDECINE HOSPITALIERE DIGNE DE NOTRE PAYS.


    Ceci n'est que l'impression d'un citoyen lamda et ne prétends pas à la vérité, mais, je me doute tout de même que.......



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